Ma cyberassurance PME couvre-t-elle un incident survenu en télétravail ? Pas nécessairement. Beaucoup de polices de cyberassurance conçues pour les PME couvrent les incidents survenus dans le cadre normal des activités de l'entreprise, mais contiennent des clauses conditionnelles ou des exclusions précises pour le télétravail : réseau WiFi personnel non sécurisé, appareil personnel non fourni par l'entreprise (BYOD), absence de VPN d'entreprise, absence d'authentification à deux facteurs (MFA) sur les connexions à distance, ou partage du poste de travail avec d'autres membres du foyer. Une réclamation peut être partiellement ou totalement refusée si l'enquête de l'assureur démontre que l'incident est survenu dans l'une de ces conditions non couvertes.
Le télétravail et le mode hybride sont devenus la norme dans une large proportion des PME québécoises depuis plusieurs années, mais les polices de cyberassurance n'ont pas toutes évolué au même rythme que les pratiques de travail. Ce guide détaille les angles morts spécifiques que le télétravail crée pour la couverture d'assurance, les exigences que les assureurs imposent de plus en plus à la souscription, et les mesures concrètes qui permettent d'éviter un refus de réclamation. Il complète notre guide complet sur la cyberassurance PME au Québec et notre guide de cybersécurité pour le télétravail, et s'appuie sur les mêmes principes que nos audits de sécurité informatique menés auprès de PME clientes.
Ce guide n'est pas un avis d'assurance
IT Cares n'est pas un courtier d'assurance et ce guide ne remplace pas la lecture attentive de votre police ni les conseils d'un courtier spécialisé en cyber-risque. Notre rôle est d'aider votre PME à renforcer la posture de sécurité technique que les assureurs exigent de plus en plus pour maintenir une couverture pleine et entière en contexte de télétravail.
Pourquoi le télétravail change la donne pour la cyberassurance
Une police de cyberassurance repose implicitement sur un ensemble d'hypothèses concernant l'environnement dans lequel travaillent les employés : un réseau d'entreprise géré et surveillé, des appareils fournis et configurés par le service informatique, un périmètre physique contrôlé (bureaux, caméras, contrôle d'accès), et des connexions passant par des systèmes que l'entreprise contrôle de bout en bout. Le télétravail brise chacune de ces hypothèses, une à la fois, sans que la police d'assurance souscrite avant la généralisation du travail à distance ait nécessairement été ajustée en conséquence.
Le périmètre de sécurité de l'entreprise ne se limite plus à ses murs
Lorsqu'un employé travaille depuis son domicile, l'entreprise perd une grande partie du contrôle direct qu'elle exerce normalement sur l'environnement technique : elle ne choisit pas le routeur WiFi, ne contrôle pas qui d'autre utilise le même réseau, et ne peut pas garantir que l'appareil utilisé reçoit les mêmes mises à jour de sécurité qu'un poste géré au bureau. Les assureurs le savent, et plusieurs ont ajusté leurs contrats en conséquence — non pas en excluant purement et simplement le télétravail, mais en le soumettant à des conditions précises qui, si elles ne sont pas respectées, peuvent justifier un refus ou une réduction d'indemnisation.
Une clause de condition n'est pas une exclusion... jusqu'à ce qu'elle le devienne
La plupart des polices n'excluent pas le télétravail en soi. Elles conditionnent plutôt la couverture au respect de certaines mesures — VPN d'entreprise, MFA activé, appareil géré. Tant que ces conditions sont respectées, la couverture s'applique normalement. Le problème survient lorsqu'une PME n'a jamais vérifié que ces conditions étaient réellement en place au moment de la souscription, et le découvre seulement au moment d'une réclamation, lorsque l'assureur mène son enquête post-incident.
Concrètement, cela signifie qu'une PME peut détenir une police de cyberassurance en règle, payer ses primes fidèlement, et pourtant voir une réclamation refusée ou réduite parce que l'incident est survenu dans des conditions de télétravail que la police excluait ou conditionnait — sans que personne dans l'entreprise n'ait pris le temps de vérifier ce détail avant que l'incident ne survienne. C'est précisément ce que ce guide vise à prévenir.
Les six angles morts du télétravail à vérifier dans votre police
Voici les six situations les plus fréquemment concernées par des clauses conditionnelles ou des exclusions dans les polices de cyberassurance PME, avec les questions précises à poser à votre courtier ou à votre assureur pour chacune.
1. Le réseau WiFi personnel ou domestique non sécurisé
Le réseau WiFi domestique d'un employé n'a généralement pas le même niveau de sécurité qu'un réseau d'entreprise : mot de passe par défaut jamais changé, routeur au micrologiciel obsolète, chiffrement faible (ou absent sur les réseaux invités mal configurés), et souvent partagé avec plusieurs appareils personnels non liés au travail (consoles de jeu, objets connectés, appareils des enfants) qui élargissent la surface d'attaque. Certaines polices exigent qu'une connexion vers les systèmes de l'entreprise passe systématiquement par un VPN d'entreprise chiffré pour être couverte, peu importe la qualité perçue du réseau domestique ; d'autres excluent explicitement les incidents où il est démontré que le réseau utilisé présentait des failles de sécurité de base (chiffrement WEP obsolète, mot de passe par défaut, absence de pare-feu).
2. Le BYOD — l'utilisation d'un appareil personnel pour le travail
Le BYOD (Bring Your Own Device) désigne l'utilisation d'un ordinateur, d'un téléphone ou d'une tablette personnelle pour effectuer des tâches professionnelles. C'est l'un des angles morts les plus fréquents et les plus coûteux : de nombreuses polices excluent explicitement les incidents survenus sur un appareil qui n'est ni fourni ni géré par l'entreprise, tout simplement parce que l'assureur ne peut vérifier ni l'état des mises à jour de sécurité, ni la présence d'un antivirus à jour, ni le chiffrement du disque, ni les logiciels installés sur un appareil hors du contrôle de l'entreprise. Un employé qui traite des courriels professionnels ou accède à des systèmes d'entreprise depuis son ordinateur personnel, sans cadre BYOD formel, expose potentiellement l'entreprise à une réclamation non couverte.
3. Le VPN personnel grand public plutôt que le VPN d'entreprise
Certains employés, soucieux de bien faire, installent de leur propre initiative un service VPN grand public (souvent gratuit ou à faible coût) pour chiffrer leur connexion Internet personnelle. Le problème : ce type de VPN chiffre la connexion vers Internet en général, mais ne s'intègre pas à l'infrastructure de l'entreprise, n'offre pas la même journalisation des accès, et ne respecte généralement pas les exigences précises que certaines polices imposent quant au VPN utilisé pour accéder aux systèmes de l'entreprise. Un VPN personnel non approuvé n'est tout simplement pas équivalent, aux yeux d'un assureur, à un VPN d'entreprise géré et configuré par le service informatique.
4. L'absence de MFA sur les connexions à distance
L'authentification multifacteur (MFA), aussi appelée authentification à deux facteurs, est devenue en quelques années l'une des mesures les plus efficaces et les plus attendues par les assureurs. La clause d'exclusion liée à l'absence de MFA sur les connexions à distance est aujourd'hui l'une des plus fréquentes dans les polices de cyberassurance PME de 2026 : un incident où l'accès a été compromis par vol ou devinette de mot de passe, sans que le MFA n'ait bloqué la connexion parce qu'il n'était simplement pas activé, peut voir son indemnisation refusée ou considérablement réduite.
5. Le partage du poste de travail avec d'autres membres du foyer
Un ordinateur professionnel partagé avec un conjoint, des enfants ou des colocataires — même occasionnellement, pour consulter un courriel personnel ou faire un devoir scolaire — introduit un risque que l'employé lui-même ne maîtrise pas : téléchargement d'un logiciel non approuvé, navigation vers des sites à risque, ou simple clic malencontreux sur un lien douteux par une personne qui n'a jamais reçu de formation en cybersécurité. Certains assureurs considèrent ce type d'usage comme une négligence dans la protection d'un appareil professionnel, particulièrement si aucune politique de télétravail n'interdit clairement cette pratique.
6. La sécurité physique à domicile
La sécurité informatique ne se limite pas au numérique : un écran d'ordinateur visible depuis une fenêtre donnant sur la rue, des documents sensibles laissés sur une table de cuisine, un appel professionnel confidentiel pris dans un café bondé, ou un ordinateur portable laissé déverrouillé pendant une sortie rapide représentent des risques réels de sécurité physique, souvent absents des formations centrées uniquement sur le volet technique. Bien que moins fréquemment citée explicitement dans les clauses d'exclusion que le MFA ou le BYOD, la sécurité physique à domicile fait de plus en plus partie des questionnaires de souscription détaillés.
Votre posture télétravail répond-elle aux exigences de votre assureur ?
IT Cares n'est pas un courtier d'assurance, mais nos techniciens certifiés évaluent et renforcent la sécurité de vos équipes en télétravail — VPN d'entreprise, MFA, MDM — pour appuyer votre dossier de souscription ou de renouvellement. Dès 119,99 $ pour un audit initial.
Tableau comparatif : couverture typique par risque télétravail
Ce tableau résume, de façon générale et non contractuelle, comment les risques télétravail les plus fréquents sont habituellement traités par les polices de cyberassurance PME au Québec en 2026. Chaque police étant différente, il demeure essentiel de vérifier les clauses exactes de votre propre contrat avec votre courtier.
| Risque télétravail | Couvert typiquement ? | Condition fréquente pour maintenir la couverture | Mesure corrective recommandée |
|---|---|---|---|
| WiFi personnel / domestique | Souvent, sous condition | Connexion via VPN d'entreprise chiffré obligatoire | Exiger le VPN d'entreprise pour tout accès à distance, sans exception |
| Appareil personnel (BYOD) | Souvent exclu si non géré | Appareil inscrit dans une solution MDM de l'entreprise | Cadre BYOD écrit + déploiement MDM sur tout appareil utilisé pour le travail |
| VPN personnel grand public | Rarement reconnu équivalent | Usage exclusif du VPN d'entreprise approuvé | Interdire les VPN grand public non approuvés dans la politique de télétravail |
| Absence de MFA | Souvent exclu ou fortement réduit | MFA actif sur VPN, courriel et systèmes financiers | Rendre le MFA obligatoire, sans exception, sur tous les comptes critiques |
| Partage du poste de travail | Zone grise, souvent contestée | Usage strictement professionnel de l'appareil de travail | Politique écrite interdisant le partage + comptes distincts si partage inévitable |
| Sécurité physique à domicile | Rarement une exclusion explicite | Mesures raisonnables de confidentialité visuelle | Formation sur l'écran positionné hors vue, verrouillage systématique, documents rangés |
Ce tableau illustre un principe central de ce guide : la plupart des polices ne refusent pas le télétravail en tant que tel, elles le conditionnent à des mesures de sécurité précises. Une PME qui met ces mesures en place avant qu'un incident ne survienne réduit à la fois son risque réel et son risque de réclamation refusée.
Ce que les assureurs exigent désormais à la souscription pour les équipes en télétravail
Au-delà des clauses touchant les réclamations, un nombre croissant d'assureurs pose désormais des questions précises sur le télétravail directement dans le questionnaire de souscription ou de renouvellement, distinctes des questions générales sur la sécurité informatique. Voici les quatre exigences les plus fréquemment observées.
Une politique de télétravail écrite
Un document formel, même court, décrivant les règles applicables au travail à distance : appareils autorisés, obligation du VPN d'entreprise, interdiction du partage du poste, procédure en cas de perte ou de vol d'un appareil. Plusieurs assureurs demandent maintenant à voir ce document ou à confirmer son existence dans le questionnaire de souscription.
Un VPN d'entreprise obligatoire pour tout accès à distance
Non pas un VPN personnel choisi par l'employé, mais une solution déployée, configurée et gérée par l'entreprise (ou son partenaire informatique), avec journalisation des connexions. Certaines polices demandent explicitement une confirmation que 100 % des connexions à distance passent par ce VPN, sans exception tolérée.
L'authentification multifacteur (MFA) obligatoire
Activée au minimum sur le courriel professionnel, le VPN, les systèmes financiers et tout accès administrateur. C'est aujourd'hui l'une des conditions les plus systématiquement vérifiées, et son absence figure parmi les motifs de refus de réclamation les plus fréquemment cités dans les dossiers traités par les assureurs.
La gestion des appareils mobiles (MDM)
Une solution de gestion des appareils mobiles permet de vérifier à distance qu'un appareil respecte les politiques de sécurité (chiffrement, verrouillage automatique, mises à jour), et surtout de le verrouiller ou d'en effacer le contenu en cas de perte ou de vol. Pour les PME qui tolèrent le BYOD, le MDM devient souvent une condition implicite de maintien de la couverture pour ces appareils.
Documentez avant, pas après
La différence entre une réclamation honorée et une réclamation contestée se joue souvent avant même l'incident : une PME capable de démontrer, documents à l'appui, que sa politique de télétravail était en place, que le VPN d'entreprise était obligatoire et que le MFA était activé, se trouve en bien meilleure position pour faire valoir sa réclamation qu'une PME qui affirme simplement l'avoir fait sans pouvoir le prouver.
Trois études de cas : quand le télétravail détermine l'issue d'une réclamation
Cabinet comptable à Laval : réclamation partiellement refusée pour appareil non couvert
Un cabinet de comptabilité de Laval employant 9 personnes a subi une compromission de compte courriel ayant mené à une tentative de fraude par virement. L'employé concerné travaillait ce jour-là depuis son ordinateur personnel, faute d'avoir reçu un portable de l'entreprise, une pratique tolérée de façon informelle depuis plusieurs mois sans cadre BYOD formel. Au moment du traitement de la réclamation de près de 38 000 $ CAD couvrant les frais d'enquête, la remédiation et une partie des pertes, l'assureur a invoqué la clause d'exclusion visant les appareils non gérés par l'entreprise pour refuser environ 60 % du montant réclamé, seule la portion touchant les systèmes cloud de l'entreprise proprement dits ayant été honorée. Le cabinet a depuis fourni des ordinateurs portables gérés à l'ensemble de son équipe et mis en place une politique BYOD stricte.
Firme de services professionnels à Repentigny : réclamation honorée grâce à la preuve de VPN et MFA
Une firme de services-conseils de Repentigny, comptant 14 employés, a été touchée par un rançongiciel introduit via une connexion à distance compromise, entraînant le chiffrement d'une partie de ses dossiers clients et une interruption d'activité de trois jours. Contrairement au cas précédent, l'entreprise avait déployé un VPN d'entreprise obligatoire et le MFA sur l'ensemble de ses comptes critiques plusieurs mois auparavant, dans le cadre d'un renforcement de sa posture de sécurité effectué avec l'aide d'un partenaire informatique externe. L'enquête post-incident, menée par l'expert mandaté par l'assureur, a confirmé que ces mesures étaient bel et bien actives au moment de l'incident et que la compromission provenait d'une faille distincte, non couverte par les clauses d'exclusion liées au télétravail. La réclamation de près de 62 000 $ CAD, couvrant la restauration des systèmes, l'enquête technique et une partie des pertes d'exploitation, a été honorée intégralement, un délai de traitement que l'entreprise attribue directement à la documentation claire de ses mesures de sécurité.
PME manufacturière à Alma : prime réduite après formalisation de la politique de télétravail
Une PME manufacturière d'Alma, comptant une équipe administrative de 6 personnes travaillant en mode hybride, a vu sa prime de cyberassurance augmenter significativement lors du renouvellement de sa police, l'assureur ayant identifié l'absence de politique de télétravail formelle et le recours généralisé au BYOD sans encadrement comme des facteurs de risque accrus. Plutôt que d'accepter la hausse, l'entreprise a investi environ 4 200 $ CAD dans la rédaction d'une politique de télétravail, le déploiement d'une solution MDM sur l'ensemble des appareils utilisés pour le travail et l'activation du MFA sur tous les comptes critiques. Lors du renouvellement suivant, l'assureur a reconnu ces mesures et a réduit la prime annuelle d'environ 18 %, un gain qui a largement dépassé l'investissement initial sur une période de deux ans, sans compter la réduction du risque réel pour l'entreprise.
Checklist à imprimer / partager avec votre équipe
Cette checklist résume les points à vérifier avant votre prochaine souscription ou renouvellement de cyberassurance, et qu'il vaut mieux corriger dès maintenant que de découvrir lors d'une réclamation.
Checklist télétravail et cyberassurance
- ☐ Une politique de télétravail écrite existe et a été communiquée à tous les employés concernés
- ☐ Un VPN d'entreprise géré est déployé et son usage est obligatoire pour tout accès à distance
- ☐ Les VPN personnels grand public non approuvés sont explicitement interdits dans la politique
- ☐ Le MFA est activé sur le courriel professionnel, le VPN et tous les systèmes financiers
- ☐ Un cadre BYOD écrit précise les exigences minimales pour tout appareil personnel utilisé pour le travail
- ☐ Une solution MDM est déployée sur les appareils professionnels et personnels autorisés à accéder aux systèmes de l'entreprise
- ☐ Le partage du poste de travail avec d'autres membres du foyer est explicitement interdit ou encadré
- ☐ Les employés en télétravail ont reçu une formation sur la sécurité physique à domicile (écran, documents, appels confidentiels)
- ☐ Le libellé exact des clauses touchant le télétravail dans la police actuelle a été relu au cours des 12 derniers mois
- ☐ Un audit de sécurité informatique a été réalisé pour documenter objectivement ces mesures avant la prochaine souscription
Budget & prix au Québec pour renforcer sa posture télétravail (2026)
Les fourchettes suivantes sont des estimations générales du marché québécois pour 2026, à titre indicatif seulement — elles varient selon la taille de l'équipe, le nombre d'appareils et le fournisseur retenu. Seule la mention « dès 119,99 $ pour un audit initial » correspond à un prix réel d'IT Cares.
| Mesure | Fourchette de marché indicative (CAD, 2026) |
|---|---|
| VPN d'entreprise géré (par mois, PME 10-25 employés) | 150 $ à 500 $ / mois |
| Solution MDM (par appareil, par mois) | 4 $ à 12 $ / appareil / mois |
| Rédaction d'une politique de télétravail (accompagnement externe) | 800 $ à 2 500 $ (ponctuel) |
| Déploiement du MFA sur l'ensemble d'une PME | 500 $ à 3 000 $ (ponctuel, selon complexité) |
| Audit de sécurité informatique complet | Dès 119,99 $ (audit initial IT Cares) à 3 000 $+ (audit approfondi) |
| Prime annuelle de cyberassurance PME (10-25 employés) | 1 500 $ à 8 000 $ / an, selon le secteur et la posture |
Dans la grande majorité des cas observés par nos techniciens, l'investissement combiné pour formaliser une politique de télétravail, déployer un VPN d'entreprise, activer le MFA partout et mettre en place un MDM reste nettement inférieur au coût d'une seule réclamation refusée ou réduite — sans même tenir compte des économies de prime que plusieurs PME obtiennent une fois ces mesures documentées auprès de leur assureur.
Ressources gouvernementales pour appuyer votre démarche
Plusieurs organismes publics peuvent appuyer une PME québécoise dans le financement ou l'encadrement réglementaire des mesures de sécurité liées au télétravail :
- Banque de développement du Canada (BDC) — La BDC propose des prêts et des services-conseils technologiques qui peuvent servir à financer le déploiement d'un VPN d'entreprise, d'une solution MDM ou d'autres mesures de cybersécurité pour une PME en croissance.
- Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) — La CAI est l'organisme qui applique la Loi 25 sur la protection des renseignements personnels au Québec. Dans un contexte de télétravail où des données accessibles hors des locaux de l'entreprise (dossiers clients, renseignements personnels d'employés) circulent sur des réseaux et des appareils moins contrôlés, une PME doit rester consciente de ses obligations de protection de ces renseignements, peu importe où le travail est effectué.
- Investissement Québec — Investissement Québec accompagne et finance la transformation numérique des PME québécoises, ce qui peut inclure des projets de modernisation de l'infrastructure de sécurité liés au télétravail.
Ces ressources restent générales et évoluent avec le temps ; il est recommandé de consulter directement chaque organisme pour connaître les programmes actifs applicables à votre situation précise.
Renforcez la posture de sécurité télétravail que vos assureurs attendent
IT Cares n'est pas un courtier d'assurance — nos techniciens certifiés accompagnent les PME québécoises dans le déploiement de VPN d'entreprise, de MFA et de solutions MDM, et réalisent des audits de sécurité informatique qui documentent objectivement votre posture avant une souscription ou un renouvellement de cyberassurance.
Comment aborder la conversation avec votre courtier ou votre assureur
Avant votre prochain renouvellement, voici les questions précises à poser à votre courtier ou à votre assureur pour clarifier votre couverture réelle en contexte de télétravail :
- La police exige-t-elle explicitement un VPN d'entreprise pour tout accès à distance, ou un VPN personnel est-il toléré ?
- Les incidents survenus sur un appareil personnel (BYOD) sont-ils couverts, exclus, ou couverts sous condition d'un cadre MDM ?
- L'absence de MFA sur une connexion à distance constitue-t-elle une clause d'exclusion complète, ou une réduction proportionnelle de l'indemnisation ?
- Une politique de télétravail écrite est-elle exigée à la souscription, et doit-elle être fournie à l'assureur ?
- Quelles preuves documentaires l'assureur exigera-t-il en cas de réclamation pour démontrer que ces mesures étaient bien en place ?
Obtenir des réponses claires à ces questions avant un incident, plutôt qu'après, reste la meilleure façon d'éviter la mauvaise surprise d'une réclamation refusée ou réduite pour un motif technique évitable.
Questions fréquentes — Cyberassurance et télétravail
Pas automatiquement. La plupart des polices de cyberassurance PME couvrent les incidents survenus dans le cadre normal des activités de l'entreprise, mais plusieurs contiennent des clauses conditionnelles ou des exclusions spécifiques au télétravail : réseau WiFi personnel non sécurisé, appareil personnel non géré par l'entreprise, absence de VPN d'entreprise ou absence d'authentification à deux facteurs. Il faut lire attentivement les définitions de « réseau autorisé » et « appareil couvert » dans le contrat plutôt que de présumer une couverture large.
Cela dépend du libellé exact de la police. Certains assureurs couvrent sans condition particulière, d'autres exigent que la connexion passe par un VPN d'entreprise chiffré pour que la couverture s'applique, et certains excluent carrément les incidents où il est démontré que le réseau domestique n'était pas sécurisé (mot de passe WiFi par défaut, chiffrement faible ou absent). La mesure corrective la plus fiable reste d'exiger un VPN d'entreprise pour tout accès à distance, peu importe la qualité perçue du réseau domestique.
Le BYOD (Bring Your Own Device) désigne l'utilisation d'un appareil personnel — ordinateur, téléphone, tablette — pour effectuer du travail. De nombreuses polices de cyberassurance PME excluent explicitement les incidents survenus sur un appareil qui n'est pas fourni ou géré par l'entreprise, parce que l'assureur ne peut pas vérifier l'état de sécurité (antivirus, mises à jour, chiffrement) d'un appareil hors de son contrôle. Un cadre BYOD écrit avec exigences minimales, combiné à une solution MDM, réduit ce risque.
Oui, potentiellement. Un service VPN grand public non approuvé par l'entreprise chiffre la connexion vers Internet, mais ne garantit pas la même journalisation, le même contrôle d'accès ni la même intégration à la politique de sécurité de l'entreprise qu'un VPN d'entreprise géré. Certaines polices exigent explicitement l'usage d'un VPN d'entreprise géré comme condition de couverture pour les connexions à distance, et un assureur peut invoquer l'usage d'un outil non approuvé pour réduire ou refuser une indemnisation après un incident.
L'authentification multifacteur (MFA) est devenue l'une des mesures les plus efficaces contre la compromission de compte à distance, et les assureurs l'ont largement intégrée comme condition de souscription ou clause d'exclusion depuis quelques années. Une réclamation liée à un accès à distance compromis peut être refusée ou réduite si l'enquête démontre que le MFA n'était pas activé sur les connexions concernées, particulièrement pour le VPN, le courriel professionnel et les systèmes financiers.
Le partage du poste de travail avec un conjoint, un enfant ou un colocataire crée un risque réel : navigation non professionnelle, téléchargement de logiciels non approuvés ou clics accidentels sur des liens douteux peuvent compromettre l'appareil sans que l'employé lui-même soit en cause. Certaines polices considèrent ce type d'usage comme une négligence dans la protection de l'appareil professionnel. La politique de télétravail écrite devrait interdire clairement le partage du poste et exiger des comptes utilisateur distincts si l'appareil est partagé.
De plus en plus d'assureurs demandent, au moment de la souscription ou du renouvellement, une politique de télétravail écrite, l'usage obligatoire d'un VPN d'entreprise pour tout accès à distance, l'authentification multifacteur activée sur les systèmes critiques, et une forme de gestion des appareils mobiles (MDM) permettant un verrouillage ou un effacement à distance en cas de perte ou de vol. Certains questionnaires de souscription incluent désormais des questions précises sur le télétravail, distinctes des questions générales sur la sécurité informatique.
Les mesures les plus déterminantes sont : documenter une politique de télétravail écrite et signée par les employés, déployer un VPN d'entreprise obligatoire pour tout accès à distance, activer le MFA sur l'ensemble des comptes et systèmes critiques, encadrer ou interdire le BYOD avec une solution MDM, et former les employés sur la sécurité physique à domicile (écrans non visibles, documents rangés). Un audit de sécurité informatique permet de documenter objectivement ces mesures avant la souscription ou le renouvellement d'une police de cyberassurance.

Commentaires (3)
On a eu exactement le problème du BYOD décrit dans l'article : notre courtier nous a confirmé que les appareils personnels non gérés n'étaient pas couverts pareil. On a fait fournir des portables à toute l'équipe depuis.
Le tableau comparatif est vraiment utile. On avait un VPN mais pas le MFA activé partout, on a corrigé ça en une semaine avant notre renouvellement de police.
On a formalisé notre politique de télétravail après avoir lu ce genre de conseils ailleurs, et notre assureur a effectivement réduit la prime au renouvellement. Ça vaut la peine de le faire même pour une petite équipe.
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