Comment protéger votre PME contre la fraude à la facture fournisseur ? La mesure la plus efficace consiste à suspendre tout paiement dès qu'un fournisseur annonce un changement de coordonnées bancaires par courriel, puis à confirmer ce changement par téléphone au numéro déjà connu et vérifié de votre contact habituel chez ce fournisseur — jamais celui inscrit dans le courriel — avant d'appliquer la modification et d'exécuter le premier paiement vers le nouveau compte.
Ce guide traite spécifiquement de la fraude à la facture fournisseur, aussi appelée fraude au changement de coordonnées bancaires : un fraudeur usurpe l'identité d'un fournisseur réel et déjà établi de votre entreprise pour rediriger un paiement légitime déjà prévu vers un compte qu'il contrôle. Ce scénario constitue un sous-type précis et particulièrement redoutable de la fraude par courriel BEC (Business Email Compromise) — la catégorie plus large qui inclut aussi la fraude du président, la fraude à la paie et la fraude à l'avocat. Pour un survol complet de ces autres scénarios, consultez notre guide général sur la fraude par courriel BEC en entreprise. Ici, nous allons en profondeur sur la mécanique précise, les signaux d'alerte et le protocole de vérification propres à la fraude au fournisseur, puisqu'elle vise un service précis de votre entreprise — les comptes payables — et exploite une dynamique de confiance différente de celle d'une fraude du président.
Pourquoi cet article se concentre uniquement sur la fraude au fournisseur
La fraude BEC générale couvre plusieurs scénarios très différents les uns des autres, chacun avec sa propre cible, son propre déclencheur et son propre signal d'alerte principal. La fraude au fournisseur mérite un traitement à part parce qu'elle s'appuie sur une relation d'affaires réelle et existante plutôt que sur une simple usurpation d'autorité hiérarchique, et parce qu'elle se déclenche presque toujours autour d'une facture authentique déjà attendue — ce qui la rend nettement plus difficile à repérer qu'une demande de virement inhabituelle venant d'un « président ». Si votre entreprise a déjà mis en place un protocole général anti-BEC, ce guide vous aidera à en durcir spécifiquement le volet fournisseurs.
Qu'est-ce que la fraude à la facture fournisseur, précisément
La fraude à la facture fournisseur cible spécifiquement le service des comptes payables d'une entreprise avec un objectif unique : faire modifier les coordonnées bancaires enregistrées pour un fournisseur déjà connu, afin que le prochain paiement — et souvent plusieurs paiements subséquents — soit versé à un compte contrôlé par le fraudeur plutôt qu'au véritable fournisseur. Contrairement à la fraude du président, qui repose sur l'autorité perçue d'un dirigeant et sur l'urgence d'une demande ponctuelle, la fraude au fournisseur repose sur la familiarité : le nom du fournisseur, le format de ses factures, parfois même le ton de ses courriels sont déjà bien connus de l'employé qui traite la demande, ce qui abaisse naturellement sa vigilance.
Le déclencheur le plus fréquent est un avis de « mise à jour de nos informations bancaires » ou de « changement d'institution financière », souvent accompagné d'une facture qui ressemble en tous points à celles habituellement reçues — même logo, même mise en page, parfois même numéro de TPS/TVQ correct, puisque cette information est souvent publique ou déjà visible sur d'anciennes factures légitimes. La demande est presque toujours synchronisée avec une échéance de paiement réelle, ce qui renforce sa plausibilité : l'employé des comptes payables s'attendait justement à payer ce fournisseur cette semaine-là.
Le piège du fournisseur « déjà connu »
Une grande partie de l'efficacité de cette fraude tient au fait qu'elle cible des relations fournisseurs établies depuis longtemps, et non de nouveaux fournisseurs. Un employé traite naturellement une demande provenant d'un fournisseur avec qui l'entreprise fait affaire depuis des années avec beaucoup moins de méfiance qu'une demande provenant d'un nouveau contact — précisément parce que la relation semble déjà « prouvée ». Les fraudeurs le savent et ciblent délibérément ces relations de confiance plutôt que des fournisseurs récents, où une vérification serait plus naturelle.
Comment le stratagème se déroule, étape par étape
Comprendre la mécanique exacte de cette fraude aide votre équipe comptable à reconnaître les étapes du processus plutôt que de chercher uniquement des fautes d'orthographe ou des signes évidents — souvent absents dans les cas les plus réussis.
1. Repérage de la relation fournisseur
Le fraudeur identifie d'abord une relation fournisseur active et de valeur suffisante à cibler. Cette information provient parfois de sources publiques — appels d'offres publics, avis de projets, factures ou bons de commande affichés par erreur en ligne — ou encore d'une surveillance discrète des échanges courriel si un compte a déjà été compromis d'un côté ou de l'autre de la relation. Dans certains cas documentés, c'est le fournisseur lui-même qui a été victime d'une compromission de compte courriel dans les semaines précédentes, sans même que le fournisseur ne s'en rende compte, ce qui donne au fraudeur un accès direct et prolongé aux échanges réels avec plusieurs de ses clients à la fois.
2. Deux vecteurs techniques distincts
Deux méthodes principales permettent au fraudeur d'envoyer un courriel crédible. La première, un compte courriel du fournisseur réellement compromis, est la plus dangereuse : le courriel provient littéralement de la bonne adresse, s'insère parfois directement dans un fil de discussion existant, et peut même intercepter une facture authentique pour y substituer de nouvelles coordonnées bancaires avant de la renvoyer. La seconde, un domaine sosie (typosquatting), consiste à enregistrer un nom de domaine presque identique à celui du fournisseur — une lettre substituée, un tiret ajouté, une extension différente — suffisamment proche pour tromper un coup d'œil rapide, en particulier sur un appareil mobile.
3. Un moment choisi pour maximiser la plausibilité
La demande de changement de coordonnées bancaires arrive rarement au hasard. Elle est le plus souvent synchronisée avec une facture réelle déjà émise ou une échéance de paiement connue, ce qui donne à l'employé des comptes payables l'impression que le changement s'inscrit naturellement dans le cycle normal de facturation, plutôt que de paraître comme une demande isolée et suspecte.
4. Une demande habillée en procédure administrative routinière
Le courriel lui-même adopte presque toujours un ton neutre et bureaucratique — « suite à un changement d'institution financière », « pour des raisons de mise à jour comptable interne » — plutôt qu'un ton urgent ou dramatique. Il est fréquemment accompagné d'un nouveau relevé d'identité bancaire (RIB), d'un spécimen de chèque ou d'un formulaire de changement de fournisseur qui donne une impression de légitimité documentaire. Dans les cas les plus sophistiqués, un appel téléphonique de « confirmation » suit le courriel, provenant toutefois d'un numéro non répertorié qui ne fait que renforcer artificiellement la crédibilité de la demande plutôt que de constituer une véritable vérification indépendante.
5. Le virement et la découverte tardive
Une fois les nouvelles coordonnées appliquées au dossier fournisseur, chaque paiement subséquent est automatiquement redirigé vers le compte frauduleux, souvent sur plusieurs cycles de facturation avant que quiconque ne s'en aperçoive. La fraude est presque toujours découverte de la même façon : le véritable fournisseur communique pour signaler un retard de paiement, révélant que les sommes versées n'ont jamais atteint son compte réel.
Votre service des comptes payables a-t-il un protocole de vérification fournisseur ?
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Tableau comparatif des signaux d'alerte spécifiques à la fraude au fournisseur
Ce tableau résume les signaux les plus révélateurs propres à ce scénario précis, avec pourquoi chacun trompe facilement un employé pressé et l'action recommandée pour y répondre.
| Signal d'alerte | Pourquoi c'est trompeur | Action recommandée |
|---|---|---|
| Changement de coordonnées bancaires annoncé par courriel seul | Présenté comme une simple mise à jour administrative de routine | Toujours confirmer par téléphone au numéro déjà connu et vérifié |
| Nouveau relevé d'identité bancaire (RIB) ou spécimen de chèque joint | Donne une impression de légitimité purement documentaire | Comparer avec le dossier fournisseur existant et confirmer verbalement |
| Ton ou signature légèrement différents du contact habituel | Facile à manquer quand le nom affiché et le format semblent identiques | Sensibiliser l'équipe au style d'écriture habituel du contact fournisseur |
| Demande synchronisée avec une facture réelle déjà due | Crée une urgence légitime apparente qui abaisse la vigilance | Vérifier même si le montant et l'échéance concordent parfaitement |
| Domaine courriel légèrement différent de celui habituel | Quasi invisible à l'œil nu, surtout sur un appareil mobile | Filtre anti-usurpation + vérification manuelle du domaine complet |
| Appel de « confirmation » provenant d'un numéro inconnu | Renforce artificiellement la crédibilité du courriel initial | Rappeler uniquement au numéro déjà au dossier, jamais celui fourni |
Protocole de vérification avant tout changement de coordonnées bancaires fournisseur
Contrairement à un virement ponctuel demandé par un « dirigeant », un changement de coordonnées bancaires fournisseur a un effet durable : une fois appliqué au dossier, il redirige silencieusement tous les paiements futurs jusqu'à ce que quelqu'un le remarque. C'est précisément pourquoi ce type de changement mérite un protocole de vérification distinct, plus rigoureux qu'une simple confirmation de virement isolé.
Suspendre tout paiement dès qu'un changement est signalé
Aucun paiement ne devrait être envoyé au nouveau compte tant que la vérification complète n'est pas terminée, même si l'échéance de facturation approche ou est déjà dépassée de quelques jours.
Appeler le contact habituel au numéro déjà au dossier
Utilisez exclusivement le numéro de téléphone déjà enregistré dans votre dossier fournisseur ou sur une facture antérieure confirmée légitime — jamais celui fourni dans le courriel annonçant le changement, ni celui d'un éventuel appel de « confirmation » reçu par la suite.
Exiger une confirmation écrite sur papier en-tête
Demandez une confirmation officielle sur le papier en-tête habituel du fournisseur, idéalement signée par un contact déjà connu de votre entreprise, en complément — et non en remplacement — de l'appel de vérification téléphonique.
Valider l'entreprise au Registraire des entreprises du Québec
Confirmez que le nom légal, le numéro d'entreprise du Québec (NEQ) et l'adresse déclarée du fournisseur correspondent toujours à ceux de votre dossier existant, ce qui permet de détecter une éventuelle usurpation d'identité plus large de l'entreprise elle-même.
Appliquer un délai de grâce et un virement de test
Pour tout changement portant sur des montants importants, envoyez d'abord un virement de faible valeur au nouveau compte et confirmez sa bonne réception avant d'y envoyer la totalité de la somme due, en respectant un délai minimal de 24 à 48 heures entre la demande de changement et le premier paiement complet.
Checklist téléchargeable : protocole anti-fraude fournisseur
Voici une checklist synthétique à remettre à votre service des comptes payables, à revoir chaque fois qu'un nouvel employé rejoint cette fonction ou qu'une tentative, évitée ou survenue, est documentée dans votre entreprise.
Protocole anti-fraude fournisseur pour vos comptes payables
- Suspension automatique de tout paiement dès qu'un changement de coordonnées bancaires fournisseur est signalé, jusqu'à vérification complète
- Vérification obligatoire par appel téléphonique au numéro déjà au dossier, jamais celui inscrit dans le courriel ou fourni lors d'un appel de « confirmation »
- Confirmation écrite exigée sur papier en-tête du fournisseur, en plus de l'appel téléphonique
- Validation du fournisseur au Registraire des entreprises du Québec (NEQ, adresse, nom légal) avant tout changement important
- Délai de grâce minimal de 24 à 48 heures entre la demande de changement et le premier paiement complet
- Virement de test à faible montant avant tout premier paiement important vers de nouvelles coordonnées bancaires
- Registre interne des coordonnées bancaires vérifiées de chaque fournisseur, distinct et indépendant des courriels reçus
- Double approbation obligatoire (deux personnes distinctes) pour toute modification du dossier bancaire d'un fournisseur dans votre système comptable
- Alerte automatique dans votre logiciel comptable ou ERP à chaque modification de coordonnées bancaires fournisseur
- Formation annuelle de l'équipe des comptes payables sur les tactiques actuelles de fraude au fournisseur
- Procédure claire et non punitive de signalement immédiat en cas de doute, même après un paiement déjà exécuté
Études de cas : fraudes à la facture fournisseur réelles en PME québécoises
Les scénarios suivants illustrent, avec des détails réalistes tirés de dossiers typiques traités par des PME québécoises, comment cette fraude se déroule concrètement et pourquoi le protocole de vérification décrit plus haut fait toute la différence entre un incident évité et une perte financière durable.
Étude de cas — Distribution Agroalimentaire Saint-Hyacinthe inc., Saint-Hyacinthe
Le service des comptes payables de cette entreprise de distribution a reçu un courriel semblant provenir d'un fournisseur d'emballages avec lequel elle faisait affaire depuis plus de six ans, annonçant un changement d'institution financière et joignant un nouveau relevé d'identité bancaire. La demande arrivait exactement le jour où une facture de 84 300 $ venait à échéance, rendant le changement particulièrement plausible. Conformément au protocole instauré quelques mois plus tôt, la technicienne comptable a appelé le représentant habituel du fournisseur au numéro déjà inscrit au dossier — et non celui fourni dans le courriel. Le représentant a confirmé qu'aucun changement bancaire n'avait été demandé de leur côté. L'entreprise a découvert par la suite que le compte courriel de son fournisseur avait été compromis, permettant au fraudeur d'intercepter une facture réelle avant de la renvoyer avec de fausses coordonnées.
Étude de cas — Construction Rive-Sud Longueuil, Longueuil
Un entrepreneur en construction a reçu, de l'adresse courriel réelle et authentique de son fournisseur principal de matériaux — dont le compte avait été compromis à son insu —, un avis de changement de coordonnées bancaires directement intégré à un fil de discussion existant portant sur une commande en cours. Aucune vérification téléphonique n'a été effectuée, l'entreprise ne disposant alors d'aucun protocole formel pour les changements de coordonnées bancaires fournisseurs. Un virement de 156 750 $ a été exécuté vers le nouveau compte. La fraude n'a été découverte que trois semaines plus tard, lorsque le fournisseur légitime a communiqué pour réclamer le paiement en retard. Malgré un signalement rapide à l'institution financière, seule une partie limitée des fonds a pu être récupérée. L'entreprise a depuis instauré un protocole de vérification par double canal et un délai de grâce obligatoire pour tout changement bancaire fournisseur.
Étude de cas — Clinique dentaire Chicoutimi-Centre, Saguenay
La responsable administrative de cette clinique a reçu, sur deux cycles de facturation consécutifs, un courriel prétendant provenir de son fournisseur habituel de matériel dentaire, annonçant un changement de coordonnées bancaires pour de petites factures récurrentes. Les deux paiements, totalisant 9 200 $, ont été versés au nouveau compte sans vérification directe. La fraude a été découverte lorsque la comptable, en préparant la conciliation bancaire mensuelle, a remarqué que le nom du bénéficiaire enregistré ne correspondait plus exactement à la raison sociale habituelle du fournisseur — un détail qu'un appel de vérification aurait permis de détecter dès le premier paiement. La clinique applique désormais une règle simple : aucun changement de coordonnées bancaires fournisseur, peu importe le montant, n'est traité sans un appel de confirmation au numéro déjà au dossier.
Combien coûte la fraude au fournisseur — et combien coûte s'en protéger
Comprendre l'écart entre le coût d'un incident réussi et le coût d'un protocole de vérification aide souvent à justifier l'investissement auprès de la direction d'une PME, particulièrement lorsque la gestion des fournisseurs est perçue comme une simple tâche administrative plutôt que comme un point d'exposition financière réel.
Coût moyen d'une fraude au fournisseur réussie
Contrairement à un virement isolé de fraude du président, une fraude au fournisseur non détectée peut se répéter sur plusieurs cycles de facturation avant d'être découverte, ce qui alourdit considérablement la perte totale par rapport à un incident unique. Les montants observés en PME québécoises vont de quelques milliers de dollars pour un fournisseur mineur à bien au-delà de 150 000 $ lorsque la relation touchée implique des commandes récurrentes de grande valeur, comme dans le cas d'un fournisseur de matériaux de construction ou d'un partenaire logistique stratégique.
Coût d'un audit des procédures de gestion fournisseurs
Un audit ciblé de vos procédures d'ajout et de modification des dossiers fournisseurs dans votre système comptable s'inscrit généralement dans une fourchette de quelques centaines à quelques milliers de dollars selon le nombre de fournisseurs actifs et la complexité de votre système, un montant largement inférieur à la perte moyenne d'un seul incident réussi. Chez IT Cares, une évaluation initiale de vos pratiques de sécurité est proposée à partir de 119,99 $.
Coût d'une formation ciblée pour les comptes payables
Une session de formation spécifiquement dédiée à la fraude au fournisseur — distincte d'une formation générale sur le phishing — représente généralement un investissement de quelques centaines de dollars pour une petite équipe, une fraction infime du coût d'un seul virement frauduleux réussi vers un fournisseur stratégique.
Coût de la validation au Registraire des entreprises du Québec
La consultation du Registraire des entreprises du Québec pour valider le nom légal et le NEQ d'un fournisseur est entièrement gratuite et prend généralement moins de cinq minutes, ce qui en fait l'une des mesures de vérification les plus rentables disponibles pour une PME, sans aucun coût récurrent.
Coût des alertes automatiques dans un logiciel comptable
La plupart des logiciels comptables et ERP modernes destinés aux PME permettent de configurer une alerte automatique lors de toute modification des coordonnées bancaires d'un fournisseur, souvent sans frais supplémentaire au-delà de l'abonnement déjà payé — il s'agit généralement d'une simple question de configuration, réalisable en quelques heures par votre fournisseur informatique.
Ressources gouvernementales et organismes à connaître
Plusieurs organismes canadiens et québécois offrent des ressources gratuites de prévention et des mécanismes de signalement en cas de fraude au fournisseur touchant votre entreprise.
- Le Centre antifraude du Canada (antifraudcentre-centreantifraude.ca) recueille les signalements de fraude, incluant la fraude au fournisseur, et publie des alertes régulières sur les tactiques observées à travers le pays.
- Le Registraire des entreprises du Québec (registreentreprises.gouv.qc.ca) permet de valider gratuitement et en quelques minutes le nom légal, le numéro d'entreprise (NEQ) et l'adresse déclarée d'un fournisseur avant tout changement de coordonnées bancaires important.
- La Banque de développement du Canada (bdc.ca) propose des ressources et des outils de sensibilisation destinés spécifiquement aux propriétaires de PME sur la prévention de la fraude financière et la gestion sécuritaire des relations fournisseurs.
- La Commission d'accès à l'information du Québec (cai.gouv.qc.ca) doit être avisée, en vertu de la Loi 25, lorsqu'un incident de fraude au fournisseur entraîne également la compromission de renseignements personnels de clients ou d'employés.
Que faire immédiatement si un virement a déjà été envoyé au mauvais compte
Si, malgré les mesures de prévention, un paiement a déjà été redirigé vers un compte frauduleux, la rapidité de réaction dans les minutes et les heures qui suivent demeure le facteur le plus déterminant pour maximiser les chances de récupération des fonds.
Contactez votre institution financière immédiatement
Appelez sans délai le service de fraude de votre banque pour demander un rappel ou un blocage du virement. Plus l'appel est fait rapidement après la transaction, meilleures sont les chances qu'une partie ou la totalité des fonds soit encore récupérable avant leur transfert final.
Signalez l'incident au Centre antifraude du Canada
Un signalement rapide contribue non seulement à votre propre dossier auprès de votre institution financière, mais alimente également les données utilisées pour alerter d'autres entreprises visées par le même réseau de fraude.
Documentez tout sans rien supprimer
Conservez l'intégralité du courriel frauduleux, incluant ses en-têtes techniques complets, ainsi que toute communication liée à la transaction. Ces éléments sont essentiels pour l'enquête de votre institution financière et, le cas échéant, pour une plainte policière.
Avisez le fournisseur légitime pour vérifier une compromission de son côté
Contactez immédiatement votre véritable fournisseur pour l'informer de l'incident, puisqu'il est fréquent dans ce type de fraude que le compte courriel du fournisseur lui-même ait été compromis à son insu — une information essentielle pour lui permettre de sécuriser son propre système et d'avertir ses autres clients potentiellement ciblés.
Ne laissez pas un fournisseur de confiance devenir votre plus grande vulnérabilité
IT Cares accompagne les PME québécoises dans la mise en place d'un protocole complet anti-fraude fournisseur : configuration d'alertes dans vos outils comptables, formation de votre équipe des comptes payables, audit de vos procédures de gestion fournisseurs et support continu en cybersécurité d'entreprise.
Questions fréquentes — Fraude à la facture fournisseur en PME
La fraude à la facture fournisseur (aussi appelée fraude au changement de coordonnées bancaires) désigne une attaque où un fraudeur usurpe l'identité d'un fournisseur réel et déjà connu de votre entreprise pour envoyer un faux avis annonçant que ses coordonnées bancaires ont changé, dans le seul but de rediriger un paiement légitime déjà prévu vers un compte qu'il contrôle.
La fraude BEC (Business Email Compromise) est une catégorie large qui inclut la fraude du président, la fraude à la paie, la fraude à l'avocat et la fraude au fournisseur. La fraude à la facture fournisseur est un sous-type précis et ciblé : elle vise exclusivement le service des comptes payables, s'appuie sur une relation d'affaires réelle et existante, et se déclenche presque toujours autour d'une facture ou d'une échéance de paiement authentique déjà attendue, ce qui la rend particulièrement plausible et difficile à repérer par rapport aux autres scénarios de fraude BEC.
Les signaux les plus fiables sont un changement de coordonnées bancaires annoncé par courriel uniquement sans autre confirmation, une demande synchronisée avec une facture réelle déjà due, un domaine d'expéditeur légèrement différent de celui habituellement utilisé par le fournisseur, un ton ou une signature légèrement différents du contact habituel, et parfois un appel de « confirmation » provenant d'un numéro non répertorié qui vise à renforcer artificiellement la crédibilité du courriel.
Suspendez tout paiement dès qu'un changement de coordonnées bancaires est signalé, puis appelez le contact habituel du fournisseur au numéro déjà connu et vérifié au dossier — jamais celui inscrit dans le courriel. Exigez une confirmation écrite sur papier en-tête, validez l'entreprise au Registraire des entreprises du Québec, et appliquez un délai de grâce ainsi qu'un premier virement de test à faible montant avant d'envoyer la totalité de la somme au nouveau compte.
Contactez immédiatement votre institution financière pour demander un rappel ou un blocage du virement, puisque les premières heures déterminent largement les chances de récupération. Signalez ensuite l'incident au Centre antifraude du Canada, documentez l'intégralité des courriels et communications liés à la fraude sans rien supprimer, et avisez le fournisseur légitime pour vérifier si son propre compte courriel a été compromis, ce qui est fréquent dans ce type de fraude.
Les montants varient selon la taille de la relation fournisseur touchée, allant de quelques milliers de dollars pour un fournisseur mineur à plus de 150 000 $ pour un fournisseur stratégique impliqué dans des commandes récurrentes importantes. Contrairement à un virement isolé de fraude du président, une fraude au fournisseur non détectée peut se répéter sur plusieurs cycles de facturation avant d'être découverte, ce qui alourdit considérablement la perte totale.
Contactez d'abord votre institution financière pour tenter de bloquer le virement, puis signalez l'incident au Centre antifraude du Canada (antifraudcentre-centreantifraude.ca). Le Registraire des entreprises du Québec (registreentreprises.gouv.qc.ca) permet de valider l'existence légale d'un fournisseur, et la Commission d'accès à l'information du Québec (cai.gouv.qc.ca) doit être avisée si des renseignements personnels ont également été compromis, en vertu de la Loi 25.
Oui, et souvent davantage, puisque les petites PME entretiennent généralement des relations de longue date avec un nombre restreint de fournisseurs, ce qui crée une confiance établie que les fraudeurs exploitent précisément parce qu'un changement de coordonnées bancaires paraît routinier plutôt que suspect. L'absence fréquente d'un protocole formel de vérification dans les petites structures aggrave encore ce risque.
Commentaires (3)
On a vécu exactement ce scénario avec un fournisseur d'emballages qu'on connaît depuis des années. L'appel de vérification a pris deux minutes et nous a évité un virement de plus de 80 000 $. Le fournisseur ne savait même pas que son courriel avait été piraté.
Malheureusement on n'avait aucun protocole en place pour les changements bancaires fournisseurs, juste pour les gros virements suspects. Ça nous a coûté cher. On a corrigé le tir depuis mais l'article aurait été bienvenu six mois plus tôt.
Petite clinique, on pensait ne pas être une cible intéressante pour ce genre de fraude. Deux petits paiements détournés plus tard, on a compris que la taille n'a rien à voir. Le registre des coordonnées bancaires vérifiées, séparé des courriels, est maintenant obligatoire chez nous.
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