Comment reconnaître un courriel de phishing généré par IA en 2026 ? Oubliez les fautes d'orthographe : ces messages sont désormais grammaticalement parfaits. Vérifiez plutôt le domaine exact de l'expéditeur, la destination réelle des liens, et surtout la nature de la demande — une urgence artificielle, une requête de virement ou d'identifiants reste suspecte peu importe la qualité du français. Méfiez-vous également des détails « trop précis » sur votre entreprise : c'est souvent la signature d'une recherche automatisée plutôt qu'une preuve de légitimité.
Nos articles Qu'est-ce que le phishing et Comment reconnaître un courriel d'hameçonnage : 8 signes révélateurs couvrent les fondamentaux du phishing classique — des signaux qui restent valables, mais qui ne suffisent plus à eux seuls. Ce guide se concentre exclusivement sur ce qui a changé depuis l'arrivée massive des grands modèles de langage génératifs dans l'arsenal des cybercriminels : comment l'IA fabrique ces courriels, pourquoi vos vieux réflexes ne suffisent plus, et quels nouveaux réflexes adopter pour protéger votre PME québécoise en 2026.
Le changement de paradigme en une phrase
Avant 2023, un courriel de phishing bien exécuté demandait des heures de travail manuel à un fraudeur pour un rendement incertain. En 2026, un modèle de langage génératif produit en quelques secondes un texte impeccable, personnalisé au contexte exact de votre entreprise, pour un coût pratiquement nul — ce qui multiplie à la fois le volume des attaques et leur taux de réussite moyen.
Comment l'IA générative fabrique un courriel de phishing hyper-réaliste
Comprendre la mécanique derrière ces courriels aide à savoir exactement où porter son attention. Le processus utilisé par les cybercriminels en 2026 suit généralement une séquence en trois étapes, chacune facilitée par des outils accessibles à quiconque, sans expertise technique particulière.
Étape 1 — La collecte automatisée d'informations sur la cible
Avant même de rédiger le courriel, l'attaquant — ou plus précisément, un outil qu'il configure — collecte des informations publiques sur l'entreprise ciblée : le nom exact des dirigeants et de leur poste sur LinkedIn, le nom de fournisseurs mentionnés dans des communiqués de presse ou des études de cas publiées sur le site web de l'entreprise, le ton et le style de communication utilisés dans les publications sur les réseaux sociaux, et parfois même des détails glanés dans des fuites de données antérieures revendues sur des forums clandestins. Cette collecte, autrefois manuelle et chronophage, peut désormais être largement automatisée, ce qui permet de personnaliser des centaines d'attaques simultanément plutôt qu'une seule à la fois.
Étape 2 — La génération du texte par un modèle de langage
Une fois les informations collectées, l'attaquant les fournit à un modèle de langage génératif avec des instructions précises : rédiger un courriel qui semble provenir d'un fournisseur habituel, imiter le ton direct et pressé d'un dirigeant, ou reproduire le format standard d'une notification Microsoft 365. Le résultat est un texte fluide, grammaticalement irréprochable, dans un français idiomatique — y compris le français québécois, avec ses tournures propres, lorsque l'attaquant cible spécifiquement des entreprises d'ici. Certains outils détournés permettent même d'ajuster le registre de langue pour correspondre exactement au ton habituel d'un dirigeant précis, si des exemples de ses courriels réels ont été compromis ou rendus publics.
Étape 3 — L'habillage visuel et l'infrastructure technique
Le texte généré est ensuite intégré dans une mise en page qui imite fidèlement l'identité visuelle d'une marque reconnue, souvent à l'aide de modèles déjà disponibles sur des plateformes clandestines. Un nom de domaine visuellement proche du domaine légitime est enregistré — parfois généré et évalué automatiquement pour maximiser sa crédibilité — et une page de destination reprenant l'apparence exacte d'un portail de connexion officiel est déployée en quelques minutes grâce à des kits de phishing préfabriqués, eux-mêmes de plus en plus assistés par IA pour cloner l'apparence d'un site cible avec une fidélité presque parfaite.
Et la voix ? Le phishing vocal généré par IA
Une extension inquiétante de cette tendance touche également la voix : des outils de clonage vocal permettent de reproduire la voix d'un dirigeant à partir de quelques secondes d'audio public — une entrevue, une vidéo de conférence, un message vocal partagé. Cette voix synthétique peut ensuite appuyer un courriel de phishing déjà envoyé, par un appel téléphonique ou un message vocal urgent qui semble authentiquement provenir du dirigeant en question, renforçant la crédibilité de l'ensemble de l'arnaque.
Phishing classique contre phishing généré par IA : le tableau comparatif des signaux
Le tableau suivant résume les différences essentielles entre les campagnes de phishing traditionnelles et celles produites à l'aide de l'intelligence artificielle générative, ainsi que les signaux qui restent fiables dans chaque cas.
| Critère | Phishing classique (pré-2023) | Phishing généré par IA (2026) |
|---|---|---|
| Qualité du français | Fautes fréquentes, traduction maladroite, syntaxe étrange | Impeccable, idiomatique, parfois adapté au registre québécois |
| Personnalisation | Générique, même message envoyé à des milliers de cibles | Nom exact du dirigeant, du fournisseur, référence à un projet réel |
| Ton et registre | Formel et impersonnel, souvent hors contexte | Imite le style habituel d'un collègue ou fournisseur connu |
| Mise en page visuelle | Logos étirés, pixelisés, mise en forme approximative | Réplique quasi parfaite de l'identité visuelle officielle |
| Volume et vitesse de production | Limité par le temps de rédaction manuel | Des centaines de variantes personnalisées en quelques minutes |
| Support vocal ou vidéo | Rarissime, techniquement inaccessible | Clonage vocal accessible pour renforcer la crédibilité par appel |
| Signal encore fiable en 2026 | Fautes de français (signal en voie de disparition) | Domaine exact de l'expéditeur, destination réelle des liens, nature de la demande |
Ce que l'IA ne peut pas encore falsifier facilement
Malgré ces progrès impressionnants, certains éléments restent des ancrages fiables : le domaine technique exact de l'expéditeur (visible en examinant l'adresse courriel complète, pas seulement le nom affiché), les en-têtes d'authentification du courriel (SPF, DKIM, DMARC) que les administrateurs système peuvent vérifier, et surtout le comportement anormal demandé — un virement urgent, une divulgation d'identifiants, une pièce jointe inattendue. Ces éléments ne dépendent pas de la qualité rédactionnelle du message et restent vos meilleurs indicateurs.
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Pourquoi les vieux réflexes de détection ne suffisent plus
Pendant des années, la formation en cybersécurité — la nôtre incluse — a mis l'accent sur des signaux devenus, avec l'arrivée de l'IA générative, de moins en moins fiables. Il est utile de comprendre précisément pourquoi, pour ajuster ses réflexes plutôt que de continuer à chercher des indices qui n'apparaîtront simplement plus.
« Cherchez les fautes d'orthographe » : un réflexe en voie d'obsolescence
C'était autrefois le conseil numéro un, et il reste partiellement valable pour les campagnes de phishing de masse les plus paresseuses, qui existent toujours. Mais pour toute attaque un tant soit peu sophistiquée, ce signal a pratiquement disparu. Un modèle de langage moderne ne fait plus de fautes d'accord, de conjugaison ou de syntaxe — il peut même reproduire des expressions idiomatiques québécoises avec une précision surprenante si on le lui demande. Continuer à s'appuyer principalement sur ce critère revient à baisser sa garde face à la majorité des attaques actuelles.
« Le ton est trop générique, ça sent l'arnaque » : un signal qui s'efface aussi
Le deuxième réflexe classique reposait sur le caractère impersonnel et générique du message. Or, l'IA générative excelle justement à produire un ton personnalisé et contextuel lorsqu'elle dispose d'informations sur la cible — ce qui est de plus en plus le cas grâce à la collecte automatisée décrite plus haut. Un courriel qui mentionne le nom exact de votre gestionnaire de comptes habituel, une facture récente ou un projet en cours ne prouve plus rien en soi : cela peut tout aussi bien provenir d'une recherche automatisée par IA que d'un expéditeur réellement légitime.
Ce qui remplace ces anciens réflexes
- Le domaine exact de l'expéditeur, vérifié caractère par caractère, reste extrêmement difficile à falsifier de façon indétectable sans compromettre réellement le compte légitime
- La destination réelle des liens, révélée en survolant sans cliquer, ne peut pas être masquée par une IA aussi habile soit-elle à rédiger du texte
- La vérification par un second canal indépendant — un appel téléphonique à un numéro connu, pas celui fourni dans le courriel — reste imperméable à toute sophistication rédactionnelle
- La nature de la demande elle-même : une urgence artificielle, une demande de contournement des procédures habituelles, ou une requête de renseignements sensibles demeurent des signaux comportementaux que même le texte le plus convaincant ne peut effacer
Trois cas concrets de phishing généré par IA visant des PME québécoises
Les scénarios suivants, inspirés de situations types observées auprès de PME québécoises en 2026, illustrent concrètement comment ces attaques se déroulent dans la pratique. Les noms et détails ont été modifiés à des fins d'illustration.
Cas 1 — Firme comptable de Laval : le faux courriel du « client habituel »
Une technicienne comptable d'une firme de Laval reçoit un courriel semblant provenir d'un client de longue date, rédigé dans un français impeccable et faisant référence avec précision à un mandat de vérification en cours — une information qui n'était pourtant pas publique. Le message demande de mettre à jour les coordonnées bancaires du client dans le système avant le prochain versement, en insistant sur le fait que « le comptable habituel est en vacances » et qu'il faut procéder rapidement. Le ton, les détails et l'absence totale de faute rendent le message extrêmement crédible. La technicienne, formée récemment sur les nouveaux signaux de phishing par IA, remarque néanmoins que le domaine de l'expéditeur diffère du domaine habituel du client par une seule lettre substituée. Elle appelle directement le client à un numéro connu plutôt que de répondre au courriel : aucun changement de coordonnées n'avait été demandé de leur côté. Coût de l'incident : zéro, hormis le temps de vérification. Un cabinet comparable, où un changement similaire avait été traité sans vérification indépendante, avait perdu 22 000 $ dans un virement dérouté vers un compte frauduleux quelques mois plus tôt.
Cas 2 — Manufacturier de Sherbrooke : la fausse urgence du « président » avec appel vocal cloné
Le contrôleur financier d'une PME manufacturière de Sherbrooke reçoit un courriel signé du président de l'entreprise, absent pour un voyage d'affaires connu de tous, demandant un virement urgent et confidentiel vers un nouveau fournisseur pour « sécuriser une opportunité commerciale sensible ». Quinze minutes plus tard, un appel téléphonique arrive, avec une voix qui semble être celle du président — en réalité générée à partir d'extraits audio publics d'une conférence où il avait pris la parole quelques mois auparavant. La voix confirme l'urgence de la demande et insiste sur la confidentialité. Le contrôleur, troublé par la coïncidence mais suivant la politique de l'entreprise établie après une formation sur le sujet, exige malgré tout une confirmation par une phrase de vérification convenue à l'avance entre lui et la direction, inconnue de quiconque à l'extérieur de l'entreprise. L'appelant ne peut la fournir et raccroche. Aucune perte financière. Un cas similaire documenté dans le secteur manufacturier québécois, sans procédure de vérification équivalente, s'était soldé par un virement frauduleux de 61 000 $ irrécupérable.
Cas 3 — Clinique dentaire de Gatineau : le faux fournisseur de matériel avec facture jointe
La gestionnaire d'une clinique dentaire de Gatineau reçoit un courriel d'un fournisseur de matériel dentaire habituel, avec une facture en pièce jointe pour une commande récente — le nom du produit, la quantité et même le format de la facture correspondent exactement aux habitudes de ce fournisseur. Seul le numéro de compte bancaire pour le paiement diffère légèrement de celui utilisé habituellement, un détail que la gestionnaire remarque en comparant machinalement avec la dernière facture reçue avant de procéder au paiement. Elle contacte le fournisseur par téléphone, à un numéro déjà enregistré dans ses dossiers plutôt que celui inscrit sur la facture suspecte, et confirme qu'aucune modification de coordonnées bancaires n'avait été demandée de leur côté. Le compte courriel du fournisseur s'avère avoir été compromis, et un outil automatisé y avait généré plusieurs variantes de fausses factures envoyées à différents clients. Coût pour la clinique : aucun, grâce à la vérification systématique. D'autres clients du même fournisseur, moins vigilants, ont rapporté des pertes allant de 3 000 $ à plus de 15 000 $ chacun.
Le point commun de ces trois cas
Dans les trois scénarios, le texte du courriel lui-même était pratiquement irréprochable — aucune faute, un ton parfaitement adapté, des détails précis et crédibles. Ce qui a fait la différence n'était jamais la qualité rédactionnelle, mais une procédure de vérification indépendante systématique : un appel à un numéro connu, une comparaison avec un document précédent, ou une phrase de vérification convenue à l'avance. C'est exactement la leçon centrale de ce guide.
Former son équipe à cette nouvelle réalité
La formation en cybersécurité doit évoluer avec la menace, et une bonne partie du contenu de formation encore utilisé par plusieurs PME québécoises reste ancrée dans les réflexes pré-IA. Voici les ajustements essentiels à intégrer, développés plus en détail dans notre article dédié sur la formation en cybersécurité pour employés de PME en 2026.
Simuler avec des courriels réellement générés par IA
Une simulation de phishing qui utilise encore d'anciens modèles pleins de fautes évidentes n'entraîne plus vos employés à la menace réelle. Les meilleurs programmes de sensibilisation en 2026 utilisent désormais des simulations générées par les mêmes outils d'IA que les attaquants, pour exposer le personnel à un niveau de sophistication réaliste plutôt qu'à un exercice devenu trop facile à réussir.
Enseigner la règle du double canal pour toute demande financière
Aucune demande de virement, de changement de coordonnées bancaires ou de paiement urgent ne devrait jamais être exécutée sur la seule base d'un courriel, peu importe à quel point il semble légitime et peu importe qui semble l'avoir envoyé. Une vérification par un second canal indépendant — un appel téléphonique à un numéro déjà connu, jamais celui fourni dans le message — devrait être une procédure non négociable, documentée par écrit et appliquée sans exception, y compris pour les demandes qui semblent provenir de la direction elle-même.
Établir une phrase de vérification pour les demandes vocales
Face à la montée du clonage vocal, plusieurs PME québécoises commencent à adopter une phrase de vérification convenue à l'avance entre la direction et le personnel autorisé à traiter des virements, à utiliser pour toute demande urgente et inhabituelle reçue par téléphone. Cette mesure simple et gratuite neutralise efficacement la menace du phishing vocal généré par IA.
Récompenser le signalement, jamais blâmer l'hésitation
Un employé qui prend le temps de vérifier une demande légitime avant d'agir ne doit jamais être perçu comme un frein à la productivité. À l'inverse, un employé qui signale un courriel suspect qui s'avère finalement légitime devrait être remercié pour sa vigilance, pas ridiculisé. Cette culture d'entreprise détermine si le personnel continuera à signaler les vraies menaces à l'avenir.
Checklist des nouveaux réflexes anti-phishing IA — à imprimer
Voici la liste de vérification actualisée pour 2026, à distribuer à votre équipe et à afficher près des postes de travail.
- ☐ Ne plus se fier à l'absence de fautes de français comme signe de légitimité
- ☐ Vérifier le domaine exact de l'expéditeur, caractère par caractère, pas seulement le nom affiché
- ☐ Survoler tout lien sans cliquer pour voir la destination réelle avant d'y accéder
- ☐ Se méfier des détails « trop précis » sur l'entreprise — ils peuvent provenir d'une recherche automatisée par IA
- ☐ Ne jamais confirmer un virement ou un changement de coordonnées bancaires sur la seule base d'un courriel
- ☐ Appeler systématiquement à un numéro de téléphone déjà connu, jamais celui fourni dans le message suspect
- ☐ Établir une phrase de vérification convenue à l'avance pour toute demande urgente reçue par téléphone ou message vocal
- ☐ Comparer toute nouvelle facture ou coordonnée bancaire avec le document précédent avant de procéder à un paiement
- ☐ Traiter toute urgence artificielle ou demande de confidentialité inhabituelle comme un signal d'alarme, peu importe le ton du message
- ☐ Signaler tout courriel suspect à l'équipe informatique sans attendre, même en cas de doute léger
- ☐ Utiliser des simulations de phishing générées par IA pour tester le personnel dans des conditions réalistes
- ☐ Ne jamais sanctionner un employé qui vérifie une demande légitime par excès de prudence
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Budget réaliste : formation préventive contre coût d'une fraude BEC réussie
Pour convaincre une direction d'investir dans la formation et les procédures de vérification, rien ne parle plus fort que la comparaison chiffrée entre le coût de la prévention et le coût d'un incident réussi. Notre article sur la fraude par courriel BEC et comment en protéger votre PME détaille davantage cette menace spécifique ; voici les ordres de grandeur observés sur le marché québécois en 2026.
| Poste de dépense | Coût typique (CAD) | Ce que ça couvre |
|---|---|---|
| Formation cybersécurité annuelle (petite PME, 5-15 employés) | 500 $ à 1 500 $ / an | Session initiale, rappels trimestriels, simulations de phishing par IA |
| Formation cybersécurité annuelle (PME moyenne, 15-50 employés) | 1 500 $ à 4 000 $ / an | Programme complet, simulations régulières, suivi des taux de clic par employé |
| Mise en place de procédures de vérification double canal | 300 $ à 1 000 $ (implantation ponctuelle) | Politique écrite, formation des équipes finances, gabarits de vérification |
| Audit de sécurité incluant authentification courriel (SPF/DKIM/DMARC) | 500 $ à 2 000 $ | Revue technique complète, configuration anti-usurpation du domaine |
| Fraude BEC réussie (moyenne des cas rapportés au Canada) | 15 000 $ à plus de 100 000 $ | Perte directe, sans compter le temps de récupération et l'impact réputationnel |
L'écart entre ces deux colonnes parle de lui-même : un programme complet de formation et de procédures de vérification pour une PME moyenne coûte généralement moins cher qu'une seule fraude BEC réussie, tout en réduisant considérablement la probabilité qu'un tel incident se produise. Pour une entreprise qui manipule des transactions financières régulières avec des fournisseurs ou des clients, ce calcul devrait à lui seul justifier l'investissement.
Ressources gouvernementales et organismes à connaître
Plusieurs organismes offrent de l'information, des outils de signalement et parfois du financement aux PME québécoises et canadiennes en matière de cybersécurité, avant et après un incident de phishing.
Centre antifraude du Canada (CAFC)
Le Centre antifraude du Canada est l'organisme national de référence pour signaler toute tentative ou tout incident de fraude par courriel, y compris le phishing généré par IA. Signaler une tentative, même si elle a échoué, contribue à alimenter les bases de données utilisées pour identifier des campagnes actives et alerter d'autres organisations potentiellement ciblées par la même infrastructure frauduleuse. Pour une PME victime d'une fraude BEC réussie, un signalement rapide au CAFC fait partie des premières démarches recommandées, en parallèle du contact avec l'institution financière.
Banque de développement du Canada (BDC)
La BDC propose des ressources et, selon les cas, du financement pour aider les PME canadiennes à renforcer leurs mesures de cybersécurité, incluant des outils d'autoévaluation des risques adaptés aux menaces émergentes comme le phishing généré par IA. Une PME qui souhaite investir dans une formation plus robuste ou une infrastructure de sécurité renforcée après avoir pris conscience de cette menace peut y trouver un point de départ pertinent pour explorer les options de financement disponibles.
Centre canadien pour la cybersécurité
Le Centre canadien pour la cybersécurité publie régulièrement des alertes et des bulletins sur les nouvelles tactiques utilisées par les cybercriminels, incluant les menaces liées à l'intelligence artificielle générative. Ces publications constituent une source fiable et à jour pour les gestionnaires de PME qui souhaitent suivre l'évolution de la menace sans avoir à interpréter eux-mêmes des rapports techniques spécialisés.
Questions fréquentes — Phishing généré par IA
Oubliez les fautes d'orthographe : les courriels générés par IA en 2026 sont grammaticalement impeccables et adoptent un ton professionnel convaincant. Concentrez-vous plutôt sur le domaine exact de l'expéditeur, la destination réelle des liens (survolez sans cliquer), et le comportement demandé — une urgence artificielle, une demande de virement, ou une requête d'identifiants reste suspecte peu importe la qualité du texte. Vérifiez aussi si le message contient des détails trop précis sur votre entreprise que seul un initié devrait connaître : c'est souvent le signe d'une recherche automatisée par IA plutôt qu'une preuve de légitimité.
Pendant des années, la formation en cybersécurité a insisté sur les fautes de français, les logos pixelisés et les traductions maladroites comme principaux signaux d'alerte. Les grands modèles de langage génératifs ont éliminé ces défauts : un attaquant peut désormais produire, en quelques secondes, un texte fluide et sans faute dans un français impeccable, imitant le ton exact d'un collègue ou d'un fournisseur habituel. Les réflexes doivent donc se déplacer vers ce que l'IA ne peut pas falsifier aussi facilement : le domaine technique de l'expéditeur, l'en-tête d'authentification du courriel, et la vérification indépendante de toute demande sensible.
Un attaquant peut alimenter un modèle de langage avec des informations publiques trouvées sur LinkedIn, le site web de l'entreprise, des communiqués de presse ou des profils d'employés, puis demander à l'IA de rédiger un courriel qui reprend le nom exact d'un fournisseur habituel, le ton du vrai dirigeant, ou une référence à un projet en cours. Cette personnalisation automatisée à grande échelle, autrefois réservée aux attaques ciblées de spear phishing exigeant des heures de recherche manuelle, peut désormais être produite en quelques minutes pour des dizaines de cibles simultanément.
Un filtre anti-pourriel moderne détecte encore une partie de ces messages grâce à l'analyse technique de l'en-tête, du domaine et de la réputation de l'expéditeur, indépendamment de la qualité du texte. Cependant, un courriel bien conçu par IA, envoyé depuis un domaine récent mais crédible et sans pièce jointe malveillante détectable, peut passer les filtres automatisés. La vigilance humaine et une procédure de vérification indépendante restent essentielles, particulièrement pour toute demande financière ou d'identifiants.
La formation doit évoluer : plutôt que d'insister sur les fautes d'orthographe, elle doit enseigner la vérification systématique du domaine de l'expéditeur, la règle du double canal pour toute demande financière (jamais confirmer un virement uniquement par courriel), et la reconnaissance des tactiques de pression psychologique qui restent identiques peu importe la qualité rédactionnelle. Des simulations de phishing utilisant elles-mêmes des courriels générés par IA permettent de tester le personnel dans des conditions réalistes plutôt qu'avec d'anciens modèles de phishing devenus obsolètes.
Oui, c'est une menace émergente réelle : des outils de clonage vocal permettent de reproduire la voix d'un dirigeant à partir de quelques secondes d'audio public (une entrevue, une vidéo LinkedIn), puis de l'utiliser dans un appel téléphonique ou un message vocal pour appuyer une fraude par courriel, souvent en complément d'un courriel de phishing déjà envoyé. Plusieurs PME québécoises ont commencé à mettre en place un mot de passe verbal ou une phrase de vérification convenue à l'avance pour toute demande urgente et inhabituelle, peu importe le canal utilisé.
Isolez immédiatement tout poste ou compte concerné, changez les mots de passe exposés depuis un appareil non compromis, et documentez l'incident en détail (heure, contenu du message, action posée). Si un virement bancaire a été initié, contactez votre institution financière sans délai — un rappel de virement a des chances réelles de succès dans les premières heures. Signalez également l'incident au Centre antifraude du Canada, qui compile ces signalements pour identifier les campagnes actives. Notre article sur la conduite à tenir après un clic sur un lien malveillant détaille la procédure complète.

Commentaires (3)
On a reçu un courriel exactement comme le cas 1 de l'article, faux client avec détails précis sur un mandat en cours. Sans la vérification par téléphone on serait probablement tombés dans le panneau, le texte était parfait, aucune faute.
La phrase de vérification pour les appels, on vient de la mettre en place cette semaine après avoir lu ça. Ça semble presque trop simple mais ça bloque exactement le genre de scénario décrit avec la voix clonée.
On formait encore notre équipe à chercher les fautes de français jusqu'à récemment. Cet article nous a fait réaliser qu'on était complètement dépassés sur ce point, on va revoir notre formation avec IT Cares.
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